29/05/2007

29/05/07 - 12:29

Kronos Quartet au Théâtre de la Ville




C’est devenu un rituel. Chaque année depuis plus de dix ans, le Kronos Quartet fait une embardée du côté du Théâtre de la Ville le temps d’un concert dont le programme suscite toujours autant d’attente. Aidé par ses participations cinématographique (Darren Aronofsky) et par ses collaborations avec les plus grands (Glass, Riley, Reich entre autres), le Kronos Quartet connaît depuis trente ans un succès public rare pour une formation contemporaine. Chacun de ses concerts parisiens annuels est un événement de grande qualité à ne surtout pas manquer. Une fois cela rappelé, il faut admettre que la prestation d’hier n’était pas leur meilleure.

La soirée s’est ouverte sur deux morceaux décevants. Ni l’interprétation, ni les compositions - la première de Xploding Plastix, duo electro norvégien ; la seconde de Clint Mansell écrite pour le film « The Fountain » - ne sont en cause, le problème venant de l’utilisation d’une bande sonore qui accompagnait le quartet. Outre le fait que la bande était de mauvaise qualité (trop d’aigus), elle cadrait les quartet dans un tempo imposé et rigide lui ôtant toute liberté de jeu. Frustrant et artificiel.

Heureusement, le groupe s’est repris magnifiquement grâce à la musique des allemands mythiques d’Einstürzende Neubauten. On a pu durant ce morceau retrouver tout ce qui fait la force du Kronos : choix audacieux, interprétation libre et surprenante, expérimentation sonore (frottements des doigts sur du plastique, clapotis d’eau ou bruit de sable en mouvement).
La suite de la soirée n’arrivera malheureusement jamais à retrouver ce sommet. Notons la prestation de Tanya Tagaq, spécialiste du « chant de gorge », chant traditionnel Inuit. Surprenant, techniquement bluffant mais, sur la longueur, fatigant. Ce qui devait être le point d’orgue de la soirée – « Des chansons sont chantées », quator de Gorecki écrite pour la Kronos et qu’il aura mis dix ans à achever – n’a pas su combler les attentes. Quant aux deux rappels, on aurait aimé y trouver le petit brin de folie de l’année dernière lorsque le groupe avait joué la version d’Hendrix de l’hymne national du Lichtenstein.

Un petit concert, donc, mais par de grands artistes (saluons notamment le violoncelliste Jeffrey Zeigler arrivé en 2005). Rien toutefois qui ne remette en question le sacro-saint rituel. Rendez-vous l'année prochaine.

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