Pina Bausch - Bondonéon
Hier soir au Théâtre de la Ville j’ai assisté à la reprise de « Bondonéon », une pièce de Pina Bausch pour 18 danseurs qui, 27 ans après sa création, garde toute sa force (et pour l'anecdote, Pina Bausch était assise sur le siège juste devant moi, mine de rien ça impressionne).
La pièce est très éloignée des danses spectaculaires que la chorégraphe allemande nous a donné à voir ces dernières années. Ici on danse peu. Ou en tout cas pas de la façon dont on pourrait s’y attendre. Sur les craquements de vieux vinyls, le tango s’évoque plus qu’il ne se montre même si l’on assiste à quelques pas de deux originaux d’une singulière sensualité.
Dans un décor de café qui se transformera en fin de parcours en salle de danse, les souvenirs sont ressassés, les obsessions et fantasmes affichés. C’est souvent drôle. D’un humour qui ne manque jamais de cruauté. Comme lors de ces portraits de professeurs tortionnaires : l’une qui avait pour habitude de plonger dans un seau d’eau la tête de ses élèves jusqu’à ce qu’elles sourient ou une autre encore qui affichait ce leitmotiv : « si ça ne fait pas mal, ce n’est pas ma chorégraphie. »