16/06/2007

16/06/07 - 14:34

Boulevard de la mort - Quentin Tarantino



Pour le dernier Tarantino, j’étais parti avec un a priori négatif. J’avais trouvé la seconde partie de Kill Bill particulièrement ennuyeuse avec ses dialogues à rallonge, et toutes les critiques négatives que j’entendais sur « Boulevard de la mort » concernaient justement la prépondérance de ses dialogues ineptes.
C’est vrai que le film est bavard. Très bavard. Mais allez savoir pourquoi, cette fois j’ai accroché. Sûrement grâce au casting ; les filles que Tarantino nous a dégottées sont formidables. Sexy, venimeuses, effrontés et, donc, volubiles. Mais ce qui a fait mon plus grand plaisir c’est évidemment l’hommage à toute une pop culture que j’adore. Par exemple au tout début, de voir s’afficher en gros sur une musique tonitruante le nom de Kurt Russel, celui de New York 1997 et de The Thing, c’est pas grand-chose mais mine de rien c’est foutrement réjouissant. Ensuite, il y a tout le travail sur l’image. Dans les années 90 on avait le trip hop qui remettait les craquements des vinyles sur nos cd, en 2007 on a Tarantino qui s’amuse à foutre des rayures sur le film, à faire sauter la pellicule, et à jaunir l’image. Et ça marche. L’effet est d’autant plus saisissant lorsqu’il s’amuse à mettre en avant des objets contemporains qui, du coup, nous apparaissent anachroniques (ipod et portables ou encore lorsque, durant la course de voiture finale qui semble tout droit sortie de Vanishing Point, les deux voitures se retrouvent d’un coup sur une route au milieu des Toyoto et des 4x4 Land Rover).
Après il y a évidemment la bande-son, parfaite comme d’habitude avec des pépites sorties d’on ne sait où. Les clins d’oeil cinématographiques à tour de bras (avec, pour la première fois il me semble, de l’autoréférence). Et puis des scènes mémorables : la lap dance dans le bar, la course en bagnole totalement jouissive et ce revirement de fou lorsque les filles se lancent à la poursuite de leur prédateur, cette conversation dans un dining qui vaut surtout parce qu’elle est tournée en un très long plan séquence magnifique et hypnotique, le coup du Italian Vogue vendu sous le comptoir, Kurt Russel en pleurnichard de première… Voilà, alors oui Tarantino persévère à revisiter le cinéma de sa jeunesse. Mais tant qu’il le fait avec autant de maîtrise ça ne me dérange absolument pas.

commentaires

16/06/07 - 15:11

Je crois que cette fois je vais me décider à aller le voir =)

16/06/07 - 22:31

merci pour cette critique très bien écrite :)

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